samedi 14 avril 2012

Photostatic n°9 - No One Must Know

Du fantomatique dans la musique : le cas Basinski (3/3)
Of Ghostliness In Music: The Basinski Case (3/3)

J'ai pour cette série d'articles pensé à écouter quelques morceaux qui me semblaient significatifs. Le plus marquant est Disintegration Loops de William Basinski, qui est sans doute un des évènements esthétiques les plus décisifs de ces dernières décennies. Basinski, minimaliste new-yorkais tendance Steve Reich / Philip Glass, fouille dans ses tiroirs, découvre des vieux morceaux qu'il avait enregistré vingt ans plus tôt. En les écoutant, il est saisi : ce n'est plus la même musique, ce qu'il entend n'est plus ce qu'il avait enregistré au départ, c'est autre chose, une tentative échouée de justement retranscrire ce réel perdu. À toute vitesse, Basinski se décide à numériser les bandes de peur qu'elles se dématérialisent encore.
For the prupose of this series, I listened few tracks that seemed meaningful. Here is a striking one: Disintegration Loops by William Basinski. This is probably one of the most decisive aesthetic events of the last decades. Basinski, a New-York minimalist influenced by Steve Reich / Philip Glass, rummages in his drawers and discovers some old tracks that he had recorded twenty years ago. He is stunned by what he hears: that's not the same music anymore, that's not what he had recorded, it's something else: a failed attempt to rightly transcribe this forgotten real. Hastily, Basinski decided to digitalised these tracks seized by their further dematerialisation.

Mais ce qu'il y a d'historique là-dedans, c'est que tout se déroule le 11 septembre 2001, et qu'en même temps qu'il essaiera de sauver ce qu'il lui reste de sa musique, Basinski filmera la nuit tombant sur Manhattan, scrutant d'un plan fixe ce qu'il pourrait encore rester des Twin Towers. Il n'y a pas de revenants en tant que tels, mais il y a bien les thèmes que nous avons abordé précédemment. Et cela m'évoque une des thèses phares du Docteur Geley dans son « Essai de revue générale et d'interprétation synthétique du spiritisme » (1897) : « Toute matérialisation s'accompagne d'une dématérialisation proportionnelle ». Chez Basinski la disparition du World Trade Center répond aux ectoplasmes de musique répétitive.
The historical feature here is that this experience takes place on September 11, 2001: while he was trying to save what remains of his music, Basinski filmed the night falling on Manhattan, scanning a fixed plan of what it could still remain from the Twin Towers. There are no ghosts as such, but there are many topics that we have discussed previously though. That reminds me one of the leading thesis of the Dr. Geley in his "Essay of General Review and the Synthetic Interpretation of Spiritualism": "All materialisation is accompanied by a proportional dematerialisation". In Basinski, the disappearance of the World Trade Center meets the ectoplasm of repetitive music.



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