mercredi 15 juin 2011

Photo: Richard Anderson

Confusing past with future:
The new dimension of the musical creation

La musique actuelle poursuit-elle une trajectoire observable? Certes la question est sournoise et quelque peu vaseuse, mais il semble qu'après un rapide aperçu de la situation actuelle on ne puisse dégager des tendances musicales aussi distinctes qu'elles pouvaient l'être auparavant. Il apparaît qu'au même titre de la mode textile nous soyons à présent réduit à l'inlassable procédé cyclique des revivals tant pour la musique dite "underground" (Chicago House, Minimal Wave, Krautrock, Electroclash etc...) que la musique dite "mainstream" (Disco Pop, Neo Soul etc...).
Is the current music following an observable direction? Although the question is insidious and quite woolly, it seems that after a short review of the current situation there are no longer such distinctive musical trends. Like textil fashion, it appears that we are now reduced to the relentless process of cyclical revivals for both "underground" (Chicago House, Minimal Wave, Krautrock, Electroclash etc...) and "mainstream" (Disco Pop, Neo Soul etc...) music.

Astrologie vs Archéologie
Une observation de Simon Reynolds dans son livre Retromania: Pop Culture's Addiction To Its Own Past illustre assez bien cet état de fait: "La place qu'avait jadis le futur est à présent occupée par le passé. Ceci explique pourquoi l'orientation de tant de productions musicales ces dix dernières années a pris la forme d'une rétro-activité. Aussi bien dans les années 60, que dans le post-punk ou plus récemment dans la techno des années 90, des artistes envoyaient des ondes sonores dans l'au-delà. Aujourd'hui, il est davantage question d'archéologues que d'astronautes, excavant à travers des couches de débris".
The Simon Reynolds' remark in his book Retromania: Pop Culture's Addiction To Its Own Past illustrates quite well this statement: "The place once occupied by the future is now taken by the past. Which is why the orientation of so much music making in the last decade has taken the form of retro-activity. In the 60s, during post-punk and mostly recently the Techno-race 90s, artists sent out sonic probes in the beyond. Nowadays, they're no longer astronauts but archeologists, excavating through layers of debris (...)".

Cette remarque pourrait générer une énième diatribe sur la perte de "créativité" gangrenant la musique actuelle, mais de grâce dispensons nous en ici! En réalité, ceci reflète un phénomène autrement plus intéressant, à savoir la redéfinition du processus de création musicale. L'accès instantané et illimité à l'information (et a fortiori à toute musique enregistrée) sur Internet redéfinit intégralement la place de l'artiste dans l'Histoire de la musique: jadis le musicien novateur cherchait à se détacher radicalement de son héritage alors qu'aujourd'hui ce même artiste tente dans un certain sens de le fructifier. Notons que ceci tend certainement à repenser ce que nous entendons aujourd'hui par radicalité tant la doctrine actuelle du "tout-a-été-déjà-fait" vide cette notion de son sens.
This observation could lead to an umpteenth diatribe about the loss of creativity plaguing modern music, but please exempt us from this! Actually, this reflects a far more interesting phenomenon: the redefinition of the musical creation process. The instantaneous, limitless access to information (and a fortiori to all recorded music) on Internet redefines the role of the artist in the Musical History: once the innovative musician was attempting to radically break away from her heritage, while this same artist seeks now to fructify it in some way. Note that that certainly leads to reconsider what we call radicalism today as the current doctrine of "everything-is-already-made" makes this notion meaningless.

Printemps (des peuples)...
Ceci nous amène donc à proposer une approche alternative à celle souvent adoptée par la critique musicale reposant sur une perspective essentiellement historico-objective: pourquoi ne pas opter pour une perception musicale plus subjective axée sur la thématique? Certains musées l'ont déjà compris, présenter l'art sous une forme figée (ex: exposition sur l'école de peinture flamande du XVème siècle) confère aux oeuvres un caractère suranné, et en réduit donc considérablement leurs portées actuelles. C'est là une grave erreur. Prenons par exemple notre perception musicale (par définition subjective) du thème du printemps, faisant fi du style, de la date, ou même du titre des morceaux choisis.
This leads us to suggest an alternative approach to that often adopted by music critics essentially based on a objective historical perpective: why not opting for a more subjective musical perception focus on the thematic? Some museums have already understood that presenting art under a static form (eg, Exhibition on the Flemish school of the 15th century) gives an outmoded feature to the works, and therefore reduces significantly their current impacts. This is a huge mistake. For instance, let's take our musical perception (which is subjective by definition) of the spring theme, without concerns to the kind, the date or even the title of the chosen tracks.

Minimix "Printemps (des Peuples)"
Minimix "Springtime (of the Peoples)"
Minimix Printemps Des Peuples by Gohanmusikk Mix 2

Playlist:
The Units - Zombo (...getting out of winter)
Bedouin Soundclash - Brutal Hearts (Featuring. Coeur de Pirate)
Igor Stravinsky - Le Sacre du Printemps (conducted by Ernest Ansermet)(fragments)
Broughton & Casati - The Rage
Peaking Lights - Amazing and Wonderful
Simon Scott - Spring Stars
Tom Noble - Music Engine
Deotato - Univac Loves You
Robert Wyatt - Fragments (first rays of summer...)