samedi 5 février 2010


Photo: Peter Mcdiarmid

Y’a-t-il un fascisme du son ?
Is there a fascism of the sound?

Le fascisme historique comporte indéniablement une volonté de discipliner les corps par un phénomène proche du domptage afin d’atteindre une humanité Nouvelle.
The historical fascism has an undeniable willingness to compel bodies through a process close to the taming towards a New Humanity.

L’ordre politique coercitif commence donc dès la croyance d’une corrélation entre la ductilité du corps et l’esprit. Le corps guidé, orienté vers certaines postures, procédés, rythmes et figures, expérimenterait déjà la Soumission efficace.
The coercive political order thus begins the belief of a correlation between the ductility of body and mind. The guided body - towards postures, methodes, rhythms and figures - already experiments the effective Submission.

On peut ainsi appeler « fascisme du son » les dispositions sur le corps créés par le rythme obsessif et obsédant, possédant et possessif. Le son électronique, par ses lignes de basses répétitives, la recherche permanente de l’oscillation couplée à la cassure, fait par nature autorité hiérarchique sur le corps (battement de pieds ou de tête par exemple).
We may then call "fascism of the sound" the dispositions create by the obsessive and obsessing, possessive and possessing rhythm on the body. The electronic sound by its repetitive basslines and the constant research of the oscillation coupled with the break is by nature authoritative on the body (beating of the foot or the head for instance).
DVS1 - Departure (EP "Fly To No Where", 2010)
Chaos - Afrogermanic (Album "Interstellar Fugitives", 1998)

Reste alors à savoir si cette soumission au rythme est un signe de qualité. Après tout, un son qui s’impose de lui-même dans notre corps, effectuant un rapt momentané de notre position habituelle pourrait être la plus douce des dépossessions. Mais comme le faisait remarquer l’ami Gohan, lors du live, la course effrénée au décibel et au BPM, la recherche du refrain bankable sur le dancefloor au détriment de la superposition cérébrale de lignes mélodiques fines qu’on su exploiter l’IDM ou l’ambient, sont là pour nous montrer les risques d’un fascisme du son hard discount.
It remains whether this Submission to the rhythm is a sign of quality. After all, an imposing sound within our bodies, making a momentary abduction of our usual position, could be the sweetest of divestiture. Yet, as observed by Gohan, during a live set the 'race' for the decibel and the BPM, the research of the bankable chorus on the dance floor at the expense of the cerebral overlapping of subtle melodic lines exploited by the IDM or the ambient, are there to show us the pitfalls of the fascism of the 'hard discount' sound.
Moritz Von Oswald Trio - Pattern 3 (Album "Vertical Ascent", 2009)
Sebastien Justum