mercredi 29 décembre 2010

Photo: Martin Hyers & William Mebane

"La culture, devenue intégralement marchandise, doit aussi devenir la marchandise vedette de la société spectaculaire". Sur ces bons mots du père Debord, Peur Bleue vous livre son Best Of de l'année 2010, en vous en souhaitant une nouvelle toute aussi formidable pour l'humanité.

"When culture becomes nothing more than a commodity, it must also become the star commodity of the spectacular society". Through this Debord's witty remark, Peur Bleue releases its Best Of of the year 2010 and wishes another one equally tremendous for humanity.

01 - Osvaldo Golijov - Love Lost (Piano Version performed by Stephen Prutsman)
02- Frédéric Chopin - Fantasy-Impromptu for piano in C sharp minor, Op. 66, CT. 46 (performed by Dubravka Tomsic)
03 - Charlie Mingus - Myself When I Am Real
04 - Derrick May & Michael James - Strings Of Life (Fransesco Tristano Version)
05 - Alexander Scriabin - Etudes- Op. 8, No.12
06 - Thelonious Monk - Functional
07 - William Duckworth - The Time Curve Preludes for Piano (1978-79), XIV
08 - John Cage & Meredith Monk - Travel Song
09 - Philip Glass - Metamorphosis Two
10 - Sergey Rachmaninov - (24) Preludes (performed by Sergey Prokofiev)

samedi 4 décembre 2010

Photo: David Meskhi

Étant souvent circonspect à l'égard des compilations, j'ai eu néanmoins le grand plaisir de découvrir la compilation, que dis-je, le bréviaire incontournable des premiers "gourous" de la musique électronique. En voici quelques morceaux qui m'ont semblé correspondre le plus fidèlement à cette idée de filiation avec la musique électronique contemporaine.

Although I am usually circumspect about compilations, I have to say that the tremendous compilation "Early Gurus Of Electronic Music" was a pleasant surprise. Here are some tracks that seem to correspond most closely to this idea of 'filiation' with the contemporary electronic music.




Compilation "OHM: Early Gurus Of Electronic Music" released in 2000 on Ellipsis Arts.

Gohan mix#17 — Arkadi Dolgorouki

Artwork by Zemar, from an original drawing of Grégoire Baboukhian

"- Parce que, pour vous,
J'aime un mensonge qui élève,
Et non les viles vérités*.
- Mais ça, pourtant, c'est vrai, me suis-je écrié, dans ces deux vers, il y a un axiome sacré!
- Je ne sais pas ; je ne prends pas sur moi de juger si ces deux vers sont justes ou pas. Sans doute la vérité, comme toujours, se situe quelque part au milieu : c'est-à-dire, dans un cas, c'est une vérité sacrée, et, dans un autre, un mensonge. Il n'y a qu'une chose dont je sois sûr : cette idée, pendant encore très longtemps, elle restera un point de dispute entre les gens. Quoi qu'il en soit, je remarque qu'en ce moment vous avez comme envie de danser. Eh bien, dansez : l'exercice ne fait pas de mal (...)!"

Extrait de L'adolescent de Fredor Dostoievsky (trad. de André Markowicz, éditions Babel, 1998, p. 349)
*Alexandre Pouchkine, Le Héros (1830)



Solar Bears - Twin Stars (Original Mix)
Apm 001 - 001 (edit)
J. D. Emmanuel - Part III: Focusing Within
Vaghe Stelle - Ciclo 5 (Original Mix)
Kayhan Kalhor & Mohammad Reza Shajarian - Rain (Lyrics)
Thomas Bjerring - Republique
Ben Watt - Guinea Pig feat. Julia Biel - DJ Koze's Vocal Variation Remix
Cluster - Hollywood
Robbie Pardoel - Orologio (Fairmont Remix)
Logo - La Vie Moderne (Gohan "Will-O'-The-Wisp" Remix)
Murcof - Cuerpo Celeste
Rene Hell - Razor. P+
Markus Enochson & The Subliminal Kid - 6 12am 6 24am
Swayzak - Smile And Receive (Apparat Remix)
Riley Reinhold - Hollow Hills (Gohan Remix)
Bernard Szajner - Ibad
DJ Kaos - Kosmischer Ruckenwind
From Within - Silent Intelligence - Part VI
Edward Artemiev - Stalker - Theme

samedi 6 novembre 2010

Photo : Philip Cheung

"Having small touches of colour makes it more colourful than having the whole thing in colour."
Dieter Rams

Il est difficile de faire quelque chose avec peu, à l'inverse il est parfois impossible de parvenir à un résultat satisfaisant avec trop. Derrière cet aphorisme d'une platitude certaine se cache toutefois un dilemme auquel sont confrontés tant le designer que le musicien : le soucis de l'épuration.
It is quite hard to do something with few, conversely it is sometimes impossible to achieve a satisfactory result with too much. Whether this aphorism reflects an obvious flatness, a dilemma challenges both the designer and the musician: the concern of the purge.

Jonathan Johansson - Du Sa (Album "En Hand I Himlen", 2009)

Sans nécessairement prôner un minimalisme extrémiste, la musique, et en particulier la chanson, gagne parfois à être distillée plutôt qu'inondée sous des couches d'arrangements ou des structures complexes. Se débarrasser du superflu pour préserver l'essentiel, ou, less is better en trois mots...
Not need to extol an extreme minimalism, but we could say that the music, and especially songs, wins sometimes to be distilled rather than flooded under layers of complex structures and arrangements. Getting rid to the superflous to keep the core, or 'less is better' in three words...

mardi 26 octobre 2010


Notre vie est un voyage
Dans l'hiver et dans la Nuit,
Nous cherchons notre passage
Dans le Ciel où rien ne luit.

Our life is a journey,
Through Winter and through
Night,
We are seeking our passage
In the Sky where nothing
shines.

mercredi 13 octobre 2010

Photo : Timothy Briner

Milles excuses pour ces quelques semaines de silence.
Apologies for these few weeks of silence.
Kayhan Kalhor & Mohammad Reza Shajarian - Silence of the Night (Album "Night Silence Desert", 2000)

Ce retrait n'était absolument pas prémédité, mais certaines circonstances l'ont rendu un brin monacal : du recul pour méditer et élever l'âme de ce blog.
This retreat was absolutely not premidated but circumstances have made it a bit monastic: a recoil to meditate and raise the soul of this blog.
Arvö Part - Fratres for Violin, String and Percussion (interpreté par I Fiamminghi & Rudolf Werthen)(Album "Fratres", 1995)
From Within - Silent Intelligence - Part X (Album "From Within III", 1997)

Mais méfiez-vous des apparences, le prétendu moine ne s'est certainement pas défendu un certain nombre de fruits interdits et revigorants.
But don't be confident with appearances, the intented monk certainly did not prevent a number of forbidden and invigorating fruit.
Rene Hell – Razor. P+ (Album "Porcelain Opera", 2010)
DJ Koze - Der Wallach (Compilation "Kompakt Total 11", 2010)
Chris Carter - Outreach (Album "Spaces Between", 2010)

Content de vous retrouver.
Glad to see you again.

mardi 14 septembre 2010

Photo : Cassia Tabatini

Addictive Bass Generation

Nul besoin d'être fin observateur pour remarquer la dépendance de toute une génération aux basses fréquences. Calvaire du voisinage, les basses font vibrer les murs et agressent les tympans trop raffinés des anciennes générations.
You do not need to be a keen connoisseur to notice the addiction of a whole generation to low frequences. Enemy of the neighborhood, bass rattle the walls and assault the too refined eardrums of older generations.

Elles sont pourtant devenues un élément essentiel, et même parfois le seul, de la musique moderne. Faut-il simplement prendre en exemple le comportement des gens dans un club techno : l'attente de la basse, parfois "insoutenable" comme en témoigne la crispation des visages, par une montée d'aigus sans basses; puis l'extase provoqué par les remous des premières intonations de basses, une libération des muscles trop tendus par l'attente, une exultation; pour finalement retomber aussitôt, jusqu'à la prochaine montée d'aigus, etc... Faire un parallèle avec le sexe n'est que trop évident. Peut-être que la comparaison avec une sensation addictive est plus appropriée compte tenu du caractère mécanique et obsessionnel du processus.
However, they became a basic element, sometimes the only one, of modern music. Should we just take the example of the people behavior in a techno club : waiting for the bass, sometimes "unbearably" as showed by the tension faces; a rise of trebles without bass; then the ecstasy caused by the turmoil of the first bass tones, a release tense muscles by waiting, an elation; and finally the agitation falls, until the next rise of trebles, etc ... Making a parallel with sex seems too obvious. Perhaps the comparison with an addictive sensation is more relevant, precisely with the obsessive and mechanical process.

MAIS, ceci étant dit, et outre ces stigmates quelque peu réducteurs, des émotions très fines et subtiles peuvent être distinguées parmi les différents timbres de basses. Au-delà du "boum-boum", voici donc quelques nuances de styles, parmi quelques uns de mes "classiques", tel l'oenologue qui décrirait différents millésimes :
BUT, having said that, and beyond this quite reductive stigma, some very keen and subtile emotions might be distinguished among these different timbres of bass. Beyond the "boom-boom", here is then few shades among some of my classics, like an oenologist which would describe different vintages:

La basse "sulfureuse" / The "sulphurous" bass

La basse "enivrante" / The "intoxicating" bass
La basse "entêtante" / The "heady" bass

La basse "onctueuse"/ The "unctuous" bass

La basse "profonde" / The "deep" bass

La basse "voluptueuse" / The "voluptuous" bass

La basse "patibulaire" / The "sinister" bass
Shackleton - Blood On My Hands (Ricardo Villalobos Apocalypso Now Mix Part 2) (EP "Blood On My Hands (Ricardo Villalobos Apocalypso Now Mix)", 2007)

Peur Bleue & Friends nuitée


Photo : The Park de Kohei Yoshiyuki

le 11 septembre 2010

Gohan invite Guillaume Berg, Logo et Soundscriber à l'Udo.
En ce fatidique 9/11, on célébrera la sortie du nouveau mix-voyage de Gohan et de son dernier remix sur le nouvel EP de Logo (kitsune). D'une pierre, deux coups.

Pour ceux qui n'ont guère peur.

Udo, 4bis rue neuve-popincourt,
dans le onzième.

Gohan Mix#16 | Special DCDL XXXII — KILIMA NJARO

Cover réalisée par Zemar.

Par cette lente promenade au travers un paysage mystérieux entre lune et savane, osons - oui, osons! - défier les esprits malins qui hantent la zone 3° 4′ 33″ S, 37° 21′ 12″ E.
Nouveau mix réalisé pour nos chers amis du blog Des Chibres et Des Lettres.

By this slow perambulation through a mysterious landscape between moon and savannah, let's dare to challenge those evil spirits haunting the area 3° 4′ 33″ S, 37° 21′ 12″ E.
New music realized for our dear friend if the blog Des Chibres et Des Lettres.

Gohan mix #16 Special DCDL XXXII — Kilima Njaro by marz ego6

1. Sun Ra - New Day
2. Luca Bacchetti - Rolling Brooklyn (Lee Von Dowski's Mix)
3. Charles Amirkhanian - Mushrooms (for John Cage) (fragments)
4. Edgard Varèse - Density 21.5 (performed by Pierre-Yves Artaud) (fragments)
5. Gavin Herlihy - Underneath The Wind Machine
6. Bird Show - Mbira, Harp And Voice
7. Blagger - Strange Behaviour (Dj Koze aka Swahimi Remix)
8. Robert Wyatt - Anachronist (fragments)
9. Robag Wruhme - 48° 52' N, 2° 21' O
10. The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble - Adaptation Of The Koto Song
11. Nicolas Jaar - Love Teacher
12. Tinariwen - Matadjem Yinmixan (Goohaan Edit)
13. Kadebostan - Les Indes Galantes
14. Italoboyz - Downtown
15. Robert Wyatt - Pastafari
16. Santé - Dambalaa
17. Intrusion - Angel Version (feat. Paul St-Hilaire)
18. Oudaden - Track 02 (from "Bostane Music" album)
19. H. P. Lovecraft - Electrallentado

S'abonner au podcast ici.

vendredi 23 juillet 2010

C'est la première fois qu'un invité intervient en tant que compositeur sur Peur Bleue. Je me souviens avoir découvert Alfred Brown par le morceau "SphericalType GasHolder" à forte inspiration musique concrète. Intrigué j'ai cherché à acheter ses titres, mais sans succès. Par conséquent, j'ai décidé de lui envoyer directement un mail pour lui demander comment se procurer sa musique, et c'est là que nos échanges ont commencé. J'ai été fasciné par la volupté lancinante du morceau "Ichoate" qu'il a composé notamment pour l'Electric Baritone Kalimba, instrument qu'il a lui-même conçu. Muni d'un bagage musical très solide, Alfred possède une qualité rare pour un compositeur actuel de musique contemporaine : l'audace. Je suis extrêmement reconnaissant qu'il est accepté d'écrire sur lui et ses influences. Alfred Brown, un futur très grand:

This is the first time that a guest appears as a composer on Peur Bleue. I remember that I discovered Alfred Brown by his track "SphericalType GasHolder", broadly impregnated by the concrete music. I was intrigued so I looked for a way to buy his tracks, but it was unsuccessful. Hence, I have decided to send him directly a mail in order to ask him how could I get his music. By this way, our connection started. I have been fascinated by the throbbing sensuality of"Ichoate", composed for the Electric Baritone Kalimba, instrument that he designed himself. Fitted by a strong musical background, Alfred is a composer who has a rare quality for a current composer of contemporary music : the dare. I am extremely grateful that he accepted to write on himself and his influences. Alfred Brown, a future great one:

I write very texturally; focusing mostly on using different timbres to build an aesthetic, and then moving on to other musical conventions from there. I’ll experiment digitally for sounds and when I find something I like I’ll work with it. Usually pieces will start from one or two timbrel ideas with the other elements being based on those.

I make nonperformable recordings that come out of the Musique concrete tradition in that they are acousmatic, but that place less of an emphasis on literal environmental sounds and more of an emphasis on combining layers of abstracted sounds (sometimes sampled environmental sounds) with simple melodies and chord progressions played on musical instruments. I think of these recordings much in the same way as Henri Matisse making his paper cutouts. He describes working in this medium as drawing directly in color or cutting into color. That’s what I do with sound. It feels very much like sculpture.
If a piece is to become something for a live performance application I’ll likely try to achieve timbres as much as I can with traditional acoustic instruments primarily because this makes me feel more connected with the composers that I hold in high regard, the composers that achieved amazingly complex and fragile sounds without using electronics such as Anton Webern, György Ligeti, and Arvo Pärt. Also, on a practical level, using more common instruments makes it that much more likely that the piece will actually get to be performed at some point. Mostly, though, I am interested in combining these instruments with electronic sounds and electric instruments in a live setting via amplification in the same way that a contemporary Rock & Roll performance uses amplification to blend electric / electronic instruments (Electric Guitar, Synthesizer) with acoustic instruments (Drums, Acoustic Guitar, Voices). This treats the live performance setting very much like the recording environment in that it allows for detailed manipulation of the sound by way of electric processing and makes possible a more agreeable, more natural (ironically) blending of two sometimes-incongruent tonalities.
- Arvo Pärt - Fratres for Violin, String and Percussion (performed by I Fiamminghi & Rudolf Werthen)(Album "Arvo Pärt: Fratres", 1995)
- Anton Webern - 5 Pieces for Orchestra, Op. 10: I. Sehr ruhig und zart (performed by Ensemble InterContemporain & Pierre Boulez)(Album "Boulez conducts Webern", 1995)
- Anton Webern - 5 Pieces for Orchestra, Op. 10: III. Sehr langsam und äußerst ruhig (performed by Ensemble InterContemporain & Pierre Boulez) (Album "Boulez conducts Webern", 1995)

Lately, I have taken cues from Futurist music theorist Luigi Russolo and have begun inventing and building new instruments. One such instrument (heard in this featured piece Inchoate) is an electric guitar with metal tines instead of strings that are plucked with the fingers and/or struck with a metal beater. It is essentially an electrified, solid-body Kalimba with the signal run through stereo multi-delay + reverb to create a more immersive sound and to make the overtones of each tine more obvious. Other instrumentation for this piece includes Electric Guitar, Suspended Cymbals, Concert Bass Drum, Floor Tom Drum, French Horn, Baritone Horn, and Tuba. It will be part of a larger collection due to be released in 2011 on Asthmatic Kitty records.

Alfred Brown, a composer and audio engineer living and working in Buffalo, NY, USA.
His myspace
His blog

samedi 3 juillet 2010

Photo : Andrew Laumann

Un fracas de cuivres grincants, un grondement de tambours, le tout accompagné par une rythmique chevaleresque, cela faisait si longtemps que je voulais aborder ce sujet richissime : l'épique-musique! Il s'avère qu'à nouveau les parois opaques entre les styles musicaux classiques ne résistent pas à la puissance de ce genre. Aussi bien dans les opéras de Verdi que dans le rap harlemois, la mégalomanie rassemble. Une musique despotique et religieuse pour sujets incrédules.

It is been a while that I want to approach this "richissime" subject : epic-music! It seems once again that these thick walls between musical styles can be demolished by the power of this kind. As much as in Verdi's operas than into the Harlem's rap, megalomania gathers. A despotic and religious music for incredulous subjects.

Alors nombreux seront ceux qui esquisseront un rictus amusé sur les rapprochements de références employés ici, il ne s'agit pourtant pas seulement d'un raccourci spectaculaire (même si le sujet s'y prête généreusement), mais de la description d'une sensation commune, comme le décrit cet extrait d'article, dont le sens demeure pour moi encore très obscur, sur la musique baroque :
"Une fascination semblable avec une expression simple, forte, dramatique, où les rythmes clairs, amples, syncopés remplacent les comparaisons métaphysiques, sophistiquées et entrelacées de maniéristes". La référence provient de wikipédia, mais caractérise à mon sens merveilleusement bien (si on veut comprendre ce que l'on veut comprendre) le genre épique dans un sens plus général. Ainsi le plus étonnant est, qu'avec une certaine abstraction, on peut appliquer cette description au travail flamboyant du collectif rap Diplomats pourtant en apparence si éloigné de Monteverdi, de Haydn ou même de Wagner.

"A similar fascination with a simple strong, dramatic expression where the lear, detailed and syncopated rhythms split off metaphysical, sophisticated and intertwined comparisons of mannerists" from Wikipedia at the French article "Baroque"...

Richard Wagner - Carmina Burana - O Fortuna


Pour persévérer dans ce curieux parallélisme, on peut aussi noter la récurrence des intonations guerrières dans le genre de l'épique-musique. On repense irrémédiablement la réplique hilarante et désormais célèbre de Woody Allen : "quand j'écoute Wagner, çà me donne envie d'envahir la Pologne!".

In order to hold this weird parallelism, we can notice the recurrent reference to the war intonations in this kind of music.


Et de la guerre au chaos, la frontière est fine. La consécration la plus radicale du genre semble être nécessairement apocalyptique, comme le bouquet final d'un feu d'artifices qui aurait dégénèré pour laisser place au néant.

From the war to the chaos, the border is fine. The most radical consecration of this kind seems to be necessarily apocalyptic, as the finale of a fireworks display which degenerated and led us to nothingness.
Olivier Messiaen - Introduction (conducted by Kent Nagano) (Album "Turangalîla Symphony", 2001)

samedi 19 juin

Photo : Thobias Fäldt

Cela faisait longtemps qu'il ne fréquentait plus nos colonnes, pourtant l'ami Soundscriber, aussi snob est-il, revient aujourd'hui avec force en nous gratifiant d'un superbe double mix : du solide, une pléthore d'artistes incontournables, un sans faute, comme d'habitude.
Soundcsriber joue ici sur une ambiguïté des sensations assez déroutante : d'un côté la promenade festive ensoleillée qui s'avère inquiétante et d'un autre côté la déambulation onirique qui s'avère joyeuse et cosmique. Que choisirez-vous?
This is a very nice new Soundscriber's contribution on Peur Bleue with a double mix. He has played on a confusing ambiguity between a sunny festive walk which becomes worrying and a wandering dreamlike which becomes joyful and cosmic.


01.Daft Punk_ouverture
02.Claro Intellecto_chicago
03.Morgan Geist_lullaby
04.Joe R.Lewis_midnight dancing
05.Matthew Dear_the crush
06.Drexciya_bang bang
07Boards Of Canda_june 9th
08.The Hacker_fadin away (heinrich muller remix)
09.Lusine_slapback
10.Detroit Grand Pubahs_after school special
11.Dopplereffekt_infophysix
12.Le Car_audiofile five
13.Cosmo Vitelli_party day (akufen remix)
14.Thomas Brinkmann_xenia 2
15.Dettinger_blond 4
16.AFX_Xtal


01.Bot'ox_Blue Steel
02.Hot Toddy_I Need Love feat. Ron Basejam (Morgan Geist's Love Dub)
03.Massimiliano Pagliara_Sensation 9 - Remix
04.Erlend Oye_'The Black Keys Work' (FM Attack Remix)
05.Comtron_C64 Carat (Tom Trago instrumental remix)
06.Dance Disorder_Zusammen
07.Crossover_Pointy Little Teeth
08.Roberto Rodriguez_Venus
09.D.A.F_Brothers
10.Lindström_Another Station (Todd Terje remix)
11.It's A Fine Line_Woman (A Makhnovschina Repossession)
12.Jersey Devil Social Club_Child 13
13.Seelenluft_Comme Dans Un Rêve
14.The Visitors_No Under On The Ground

vendredi 4 juin 2010

Photo : Misha De Ridder

Musique de grands espaces pour esprits citadins engourdis. On fête le beau temps comme certains pourraient chanter la pluie avec le même entrain. Il m'a pourtant souvent semblé que certains morceaux pouvaient transcender le rythme de nos quotidiens, en quelque sorte arrêter le temps l'espace d'un instant, même si la formule est quelque peu larmoyante...

Music of wide spaces for urban minds numb. We celebrate the good weather while some might sing the rain with the same enthusiasm. Yet, I often felt that some songs could transcend our daily routine, somehow stop time only for that moment, even if the expression is quite tearful...

vendredi 7 mai 2010

Photo : Barry Stone

Réflexions sur l’onomastique de la dénomination musicale
Cogitations on the onomastics of the musical denomination

Il est assez rare de trouver des analyses du rapport entre l’intitulé d’un morceau de musique et son contenu. Étant soumis parfois à une grande perplexité lorsque je tente de dénommer mes propres compositions, il m'est apparu au fil de mon expérience que le titre d'un morceau est un élément relativement important (voire primordial dans certains cas) d'un processus artistique, et a fortiori en création musicale. Il peut autant donner à l'auditeur une information sur la musique même, que l'égarer par son apparente absurdité. Cette remarque est d’autant plus visible concernant la musique strictement instrumentale, du fait sans doute de son caractère plus abstrait. Car en effet, jusqu’aux compositeurs romantiques dits "tardifs" du début du XXème siècle, une œuvre instrumentale bénéficiait le plus souvent d’un intitulé très rationnel du type « 3ème symphonie en la bémol mineur » par exemple. Ce qu’ont fait Debussy ou Stravinsky en nommant leurs œuvres par des titres résolument poétiques est en rupture totale avec la tradition suivie jusqu’alors.

It is quite rare to find analyses about connection between the title of a musical track and its content. As I am very often in a huge perplexity when I have to name my own production, it seems to my view that the title of a work is a very important element of any artistic process. It may give us some information about the music as far as it can also mislead us. This is specifically the point in instrumental music, probably due to its abstract aspect. Things change with the late romantic wave in the beginning of the XX century. Before that, title was often just an rational information, as for instance "3rd Symphony in A flat minor".
- Claude Debussy - Beau Soir (interprété par Anne-Sophie Mutter violin, Lambert Orkis piano)(Album "The Berlin Recital", 1996)
- Isaac Albeniz - Asturias
- Maurice Ravel - Jeux D'eau (interprété par Martha Argerich) (Album "Debut Recital", 1961)
- Olivier Messiaen - Joie du sang des étoiles (Album "Messiaen Turangalila Symphony", 1948)

Ce qui est très intéressant c'est que l'ouverture de cette brèche a été plus tard très largement empruntée par les compositeurs de musiques électroniques. La question se pose pourtant toujours de la même façon : un titre signifie-t-il quelque chose à l’égard de l’œuvre ? Tout comme en peinture, le titre donne-t-il ou non un sens à l’objet ? Mais si cette question se pose à la peinture avec l’avènement de l’art abstrait, elle jaillit également à l’égard de la musique instrumentale. Le titre peut être donc être perçu par certains comme un élément de signification, ou encore comme un élément d'interprétation d'une oeuvre musicale. Ici, une couleur a été choisie dans le titre, le rapport fréquent musique/couleur étant à cet égard une illustration parfaite de l'importance du poétique dans le processus actuel de dénomination.

Which is very interesting is that this breaking has been broadly followed by electronic music producers. Yet, the same question can be raised : is a title means or not something? Same issues might be found about reflections on painting art, especially regarding abstract art. Here, a color has been chosen in the title because the usual connection music/color perfectly shows the importance of poetic in the current denomination process.
- Studio 1 - Blue 1 (12" "Blau", 1996)

Au-delà de ces considérations quelque peu théoriques, il est frappant de voir que certaines dénominations semblent tout à fait énigmatiques, ou apparemment destinées à nous égarer.

Beyond these theoretical considerations, it is striking to point out that some demoninations seems completely enigmatic, or they are apparently intended to mislead us.

Par ailleurs, il faudrait encore remarquer que certains compositeurs contemporains semblent faire absolument fi du mouvement poétique de la dénomination en revenant à des intitulés plus fonctionnels.

Otherwise, we should emphasize further that some contemporary producers seems rather ignore this poetic trend of the denomination process, in returning toward more functional titles.

lundi 26 avril 2010

Photo : Ryan McGinley - Irregular Regulars

Sebastien Justum nous avait déjà fait l'honneur d'apporter sa contribution à Peur Bleue avec un superbe article sur la mort du Silence. Cette fois, il a choisi d'évoquer le rapport rock star/foule/mysticisme, relation très symboliquement illustrée par 7 morceaux-préceptes. Il n'y a plus qu'à dire "Amen" :

"Interprétations bibliques, autour de Jim Morrison

Jim Morrison a préfèré s'employer à contrevenir à toutes les règles bibliques : sexe, défonce, alcool et blasphèmes sont incessants dans sa vie comme dans ses textes et ses performances scéniques.
Le "Lizard King", héraut acoustique devant la Foule, s'est ainsi appuyé sur deux instruments dans son chemin vers l'hypnose populaire: drogues et chamanisme. Dans les années 1960, le LSD et ses avatars n'étaient en effet pas encore interdits commercialement, dévoilant ainsi des horizons de créativité et de sensibilité aux profanes d'alors, et ce jusqu'en 1971 (classique convention de l'ONU sur les susbtances psychotropes ensuite transposée progressivement en droit interne). Le chamanisme tend, lui, à invoquer un pouvoir démoniaque, qui, à travers le corps du chamane, se transmute ensuite à l'Assemblée. The Doors en concert jouaient ainsi la partition de percussions et de cordes parfaite pour faire entrer Morrison en transe tel un possédé éléctrique.
Et à Jim d'atteindre alors la facilité terrible que celle d'user de cette musique instrumentale au service de Sa propre idolâtrie, endossant la tunique des seigneurs babyloniens de jadis et de toujours, retrouvant ainsi l'entreprise de sorcellerie sacrée:

"Au moment où vous entendrez le son de la trompette, du chalumeau, de la guitare, de la sambuque, du psaltérion, de la cornemuse, et de toutes sortes d'instruments de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la statue d'or qu'a élevée le roi Néboukadnetsar." Ancien Testament, Livre de Daniel, 3:5


- Pierre Cochereau – La mort de Jésus (Album "Intégrale des 25 Improvisations sur l'Evangile selon Saint Matthieu", 2009)
- Kenmochi Hidefumi - Fallicia (Album "Fallicia", 2008)
- Daniel Darc - Psaume 23 (Album "Crèvecœur", 2004)
- Rabih Abou-Khalil – Nashwa (Album "Al-Jadida", 1991)
- Giovanni Battista Pergolesi – Stabat Mater – 1
- Amon Tobin – Deo (Album "Supermodified", 2000)
- The Doors – The end (Live in Detroit in 1970) (Album "Live In Detroit", 2000)

Le Livre nous signale que la musique date d'avant-même la Créature.
En effet, YHWH demande à Job : “Où étais-tu quand je posais les fondations du monde... Quand les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, alors que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie?” Ancien Testament, Livre de Job, 38:4,7


Bonus track:
- Tunng vs. Taraf de Haidouks – Homecoming (Compilation "Nova En 25 CD (La Boite Bleue)", 2008)"

Sebastien Justum

Gohan mix#15 — Musique pour faune abyssopélagique

Pochette par Zemar

Musique des profondeurs, musique des grandeurs. Nul besoin d'imaginer candidement une vie au-delà des astres, il y en a une dont on ignore presque tout, déambulant dans les ténèbres abyssales. Je voulais donc rendre hommage par ce voyage-mix à ces êtres extrêmophiles qu'aucun rayon de soleil n'a jamais effleuré.

Music of depth, music of magnitude. Do not speculate about life behind stars, there is one, rambling into the abyssal darkness, whose we ignore almost everything. I just wanted to make a tribute to these extremophile organisms, that no sunlight has never touched.


Gohan Mix # 15 - Musique pour faune abyssopélagique
1. Eve Risser - Line
2. Efdemin - Knocking At The Grand (edit)
3. Olivier Messiaen - L'Alouette Lulu Catalogue d'oiseaux Book 3 (interprété par Pierre-Laurent Aimard)
4. Alarm Will Sound - Blue Calx (edit)
5. Moritz Von Oswald Trio - Pattern 3
6. Marce DePulse - Chasing Jane (edit)
7. Angelo Badalamenti - Police
8. Ben Frost - Peter Venkman Pt.I
9. Mercury Rev - Senses On Fire (Holden Remix)
10. Fenn O'Berg - Part VII
11. Aphex Twin - Icct Hedral (Philip Glass Orchestration)
12. The Big Pink - Velvet (Mount Kimbie Remix)
13. James Blake - The Bells Sketch
14. Jamie Woon - Wayfaring Stranger (Burial Mix)(edit)
15. Angelo Badalamenti - Fred's World
16. We Have Band - Divisive (Gohan Mix)
17. Dj Spooky That Subliminal Kid - Dance of the Morlocks
18. Trent Reznor - Videodrones; Questions (edit)
19. Henrik Nordvargr Björkk - Omega
20. Pantha Du Prince - Behind The Stars (edit)
21. Brian Eno And David Byrne - Vocal Outtakes (edit)
22. Jeff Samuel - Lost
23. Luciano Berio - Thema (Omaggio a Joyce)(edit)
24. Gaiser - Rate 78.17

Gohan mix#15 — Musique pour faune abyssopélagique by marz ego6

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mercredi 7 avril 2010

Photo : Santiago Mostyn

C'est la nouvelle chronique du Soundscriber, seulement cette fois celui-ci se dérobe et invite une personnalité de marque : Rod. Le temps d'un article, il nous présentera son approche de la musique électronique industrielle appelée communément l'EBM (Electronic Body Music), le courant dur de la new wave. Et qui de mieux que le fondateur du blog au sang froid Fluoglacial pour traiter ce point. Mille remerciements :

Soundscriber invites Rod from the very scathing blog Fluoglacial. He have decided to make an EBM selection(Electronic Body Music), directly from abandoned industrial complexes of the 80s. And as he prevents us, this is not a revival because "History is over".

"Relevons le pari de concevoir une compilation EBM solide en évitant les 3 piliers que sont D.A.F., Front 242 et Nitzer Ebb. L'Electronic Body Music, un style musical belliqueux, sous-terrain et mécanique, alliant à la perfection danse et violence. C'est le pur produit de l'industrie européenne, mettant les machines au service du dancefloor de la 3ème guerre mondiale. Le genre qui jongle avec les idéologies et les symboles, d'un extrême à l'autre. Imagerie forte, messages provocants, sexualité latente, rythmiques militaires, rigueur vestimentaire ; il était normal que ce son prenne forme au plus fort de la dépression (début des années 80) et se désagrège dans la foulée de l'Empire Soviétique. Ce fut la bande son de la Guerre Froide.

Liaisons Dangereuses - Mystère Dans Le Brouillard (7" "Los Niños Del Parque", 1981) Allemagne (RFA)
Snowy Red - Don't Loose Control (Album "Snow Red", 1981) Belgique
Esplendor Geometrico - Moscu Esta Helado (LP "El Acero Del Partido", 1982) Espagne
Tommi Stumpff - Crève Petit Con (Album "Zu Spät Ihr Scheißer", 1982) Allemagne (RFA)
Die Krupps - Neue Helden (Album "Volle Kraft Voraus!", 1982) Allemagne (RFA)
Absolute Body Control - Automatic II"> (Album "Figures", 1983) Belgique
SPK - Walking On Dead Steps (Album "Auto-Da-Fé", 1983) Australie
Portion Control - Go-Talk (12" "Go-Talk", 1983) Angleterre
Stratis - Herzlos (Album "Mùsica Da Ballo", 1984) Allemagne (RFA)
Laibach - Panorama (12" "Panorama/Decree", 1985) Yougoslavie
à;GRUMH... - Drama In The Subway (12" "Underground", 1986) Belgique
Klinik - Go Back (12" "Pain And Pleasure", 1986) Belgique
Psyche - The Crawler (12" "Unveiling The Secret", 1986) Canada
Pankow - Sickness Takin' Over (12" "Sickness Takin' Over", 1987) Allemagne (RDA)
Front Line Assembly - Obsession (Album "Disorder", 1988) Canada
Signal Aout 42 - Pro Patria (Album "Pro Patria", 1989) Belgique
Leaether Strip - Torment me! (Album "Science For The Satanic Citizen", 1990) Danemark
DRP - Brainhunter (Album "Electro Brain 586", 1990) Japon

Ma sélection intercontinentale revient donc sur une décennie complète, des expérimentations de 1981 aux martyrisations de 1990, avant que le truc tombe sous les affreux marteaux piqueurs harsh électroniques des cyber-gothiques. Exempt des modes et des tendances, ne vous attendez pas à un revival. L'Histoire est finie."

jeudi 1er avril 2010

Photo : Derek Henderson

Intrigué par son blog, qu'il a fondé avec son acolyte Julien, cela fait maintenant plusieurs mois que l'on suit scrupuleusement ce que fait l'un, l'autre. Autant dire qu'une véritable connexion s'est constituée avec Clément Dupouy et son excellent blog Des Chibres et des Lettres, dont j'ai d'ailleurs déjà maintes fois fait la publicité sur Peur Bleue. Il était donc assez naturel, qu'après avoir été convié à leur produire un mix (Hérésie), je leur renvoie l'invitation. C'est Clément qui ouvre donc le bal sur un sujet très curieux (et cela tombe assez bien car c'est fortement apprécié par ici) : la Tolkien Music . Mais contrairement à l'idée que l'on pourrait avoir de ce "genre", à savoir une musique de pré-adolescents-chevelus-joueurs-de-carte-Magic-(etc...), c'est en réalité quelque chose de bien plus éclectique. Bon voyage :

Clement Dupouy, from the marvelous blog, Des Chibres et des Lettres, is invited today on Peur Bleue. He has decided to tackle a curious subject : the Tolkien Music. In despite of the inaccurate image that we could have about this kind of music, this is actually something utterly more eclectic. Have a good trip :

"Tolkien a écrit des milliers de pages, inspirant par la suite des centaines de groupes. J'en veux pour preuve le site The Tolkien Music List qui indexe de manière systématique groupes et morceaux tolkienites : sa base de données dépasse aujourd'hui le millier de références. C'est dire l'étendue du truc. En bon fan du genre, je m'en vais vous faire découvrir deux ou trois perles, puisées pour l'essentiel dans les répertoires folk, black metal, dark ambient et prog rock.

Bo Hansson : Organiste suédois, essentiellement actif durant le 70's. En 1972, il livre son interprétation musicale de The Lord of the Rings. Le résultat : de l'excellent prog rock, tendance douce, sans technicité ni pyschédélisme outranciers. L'art work me fait rêver.

Bo Hansson - Leaving The Shire (Album "In De Ban Van De Ring", 1972)
Bo Hansson - At The House Of Elrond & The Ring Goes South (Album "In De Ban Van De Ring", 1972)

Harmonia : Groupe de Krautrock superbe et éphémère, au line up hallucinant : 2 Cluster (Hans-joachim Roedelius et Dieter Möbius), 1 Neu! ex-Kraftwerk (Michael Rother) et 1 Guru Guru en "special guest" (Mani Neumeier). Leur disque Deluxe n'est pas une oeuvre tolkienite mais parmi les morceaux qui le composent figure le délicieusement synthétique Gollum.
Harmonia - Gollum (Album "Deluxe", 1975)

Mirkwood : Un side project ambient de Summoning. Là, on plonge bien profond dans la geekerie, genre musique synthétique et spoken word tolkienite. C'est hyper épique, on s'imagine bien parcourir le Rohan à cheval avec ça dans les oreilles – passez moi l'anachronisme.
Mirkwood - Arcenstone (Album "Lost Tales", 2003)
Mirkwood - Saruman (Album "Lost Tales", 2003)

Uruk-Hai : Un Autrichien dingue, obsédé par Tolkien. Il a sorti des tonnes de disques/cassettes d'ambient tolkienite, distribués à moins de 500 exemplaires, dealés dans des boutiques infernales.
Uruk-Hai - Die Legende (Kapitel 1-6) (Album "Lost Songs From Middle Earth", 2008)
Uruk-Hai - Nazgul (Album "Lost Songs From Middle Earth", 2008)
Uruk-Hai - Moria (Album "In Durin Halls", 2004)

The Tolkien Ensemble : Une formation néo-classique danoise. Leur délire : créer « la première interprétation musicale complète des poèmes et chants du Seigneur des anneaux ». Ambitieux. Les types se sont quand même dégoté un featuring super classe : Christopher Lee, rien que ça.

The Tolkien Ensemble - Verse Of The Rings (Album "At Dawn In Rivendel", 2002)
The Tolkien Ensemble - Galadriel's Song of Eldamar (Album "At Dawn In Rivendel", 2002)
The Tolkien Ensemble - The Ent and the Ent Wife

Camel : Un groupe de prog rock anglais à géométrie variable, particulièrement actif durant la décennie 70's. En bons chevelus croqueurs de buvards, les bonshommes aiment à pique-niquer le dimanche dans le Lothlorien et passer l'après-midi à faire des ricochets sur la Nimrodel.
Camel - Nimrodel / The Procession / The White Rider (Album "Mirage", 1974)

Summoning : Black métal autrichien. Leur discographie est toute entière dédiée à Tolkien. Les morceaux sont extraits de Lugburz – la Tour Noire de Sauron, en Noir parlé. Ici, nous sommes du côté des méchants qui hurlent comme des dingues, ambiance orques bien agressifs. Notez le break planant au milieu de Moondance, le contraste est jouissif.
Summoning - Beyond Bloodred Horizons (Album "Lugburz", 1995)
Summoning - Moondance (Album "Lugburz", 1995)"