vendredi 27 février 2009

Photo : Ryan McGinley

La musique contemporaine est pour beaucoup de jeunes esprits une région inexplorée, qui présente de loin les traits de l'ennui, de l'élitisme, de l'inintelligibilité et parfois même du ridicule. Lorsque l'on écoute "The Music of Changes, Part. III" du compositeur John Cage, il parait peut être facile de recourir à de tels raccourcis tant le jeu de piano nous semble décousu et déstructuré. L'impétueux aura même une vague impression d'imposture qui lui traverse l'esprit...

Mais ce qui est intéressant, ce sont ces sentiments primaires qui coïncident, à certains égards, aux critiques que les "contemporains" de Cage, Varèse ou même Stravinsky adressaient à cette musique. Sans velléités particulières de pédagogie - ma connaissance en la matière étant encore assez anecdotique - voici quelques compositions qui n'ont pas échappé à mes oreilles curieuses.

Messiaen était l'un des compositeurs les plus influents du XXème siècle, personnage étonnant car il était aussi dévot que hardi. La violence et la sensibilité de sa musique vous informeront davantage sur ce singulier personnage...
Olivier Messiaen - Introduction (Turangalîla-Symphonie, 1949)

"Ionisation" est une véritable révolution rythmique : profusion, silence, vacarme...tout cela dans une parfaite harmonie. Imaginez-vous la réaction des gens en 1931... Varèse disait : « Mon but a toujours été la libération du son et d'ouvrir largement à la musique tout l'univers des sons ».
Edgard Varèse - Ionisation (1931)

Le lien entre la musique techno et la musique contemporaine répétitive est souvent fait. Même si il s'avère difficile d'établir une telle filiation, notamment dans les influences des (pères) fondateurs de la techno, la remarque en reste pas moins intéressante. On peut à ce titre observer que quelques grands compositeurs contemporains font aujourd'hui l'objet d'un intérêt vif chez certains acteurs majeurs de la musique électronique (Carl Craig, Aphex Twin, Apparat...).
Steve Reich - Different Trains : After The War (1988)
Teddy Riley & Kronos Quartet - Cadenza on the Night Plain (1985)
Aphex Twin - Icct Hedral (Philip Glass Orchestration) (1995)

L'influence est palpable également dans la jeune génération^^:

James Blackshaw vs. Gohan - Running To The Ghost (2008).

lundi 23 février 2009

Photo : Tobin Dalrymple

Il est bon de poser les bases avant tout développement ultérieur. Voici donc quelques morceaux récents qui ont profondément bouleversé ma vision de la musique. Vaut mieux les poster maintenant, ce sera fait ! Je tâcherai d'être très exhaustif dans cet exercice qui ne s'y prête absolument pas.

James Holden
. Artiste immense, anglais, génial, peu connu du grand public et pour cause. Sa musique est comme un rêve étrange, une ode à un voyage sans retour. Je ne cesse de convertir les païens qui ne le connaissent pas dans mon entourage. Une fois de plus, immense :
James Holden - 10101 (Album "The Idiots Are Winning", Border Community, 2006)

Gui Boratto. Producteur brésilien oscillant entre techno mélodique et post new wave. Une démarche musicale atypique mais sans doute plus accessible que celle de notre ami James. Le morceau "Beautiful Life" est son chef d'oeuvre, un morceau qui est sans l'ombre d'un doute intemporel. Rendez-vous dans 50 ans, on en parlera encore entre vieux réac' :
Gui Boratto - Beautiful Life (Album "Chromophobia", Kompakt, 2007)


Burial. Un grain unique, une atmosphère humide et funèbre. Sa musique est profonde, elle nous projette dans les coins les plus reculés d'une atmosphère urbaine où l'humanité ne semble n'être qu'une lueur lointaine :
Burial - U Hurt Me (Album "Burial", Hyperdub, 2006)

Gaiser. Il est intéressant de rapprocher l'univers de cet artiste à celui de Burial. J'ai découvert ce producteur américain du label M_nus avec son remix du morceau de Troy Pierce "25 Bitches" il y a quelques années. Le savant mélange d'infra bass, de craquements, et de voix pitchées nous promène dans un univers cauchemardesque mais dansant. Un modèle du genre à mon avis.
Troy Pierce - 25 Bitches (Gaiser's Too Many Bitches Makeover) (M_nus, 2005)

Slagsmålsklubben
. Ce groupe suédois au nom imprononçable pour nous esprit latin simplet s'inscrit dans ces artistes bouleversants qui échappent aux codes parfois trop stricts de la musique électronique. Le titre du morceau ne peut mieux décrire ce sentiment décomplexé :
Slagsmålsklubben - Sponsored By The Destiny (Album "Boss For Leader", Djur And Mir/ EMI, 2007)

The Knife
. Tant qu'à faire puisque l'on est à parler d'artistes majeurs, de classiques, de suédois, il me semble tout à fait interdit d'omettre de mentionner ce groupe immense. Prenez un de leur morceau au hasard si vous ne connaissez pas, claque assurée ! (Indication : Heartbeat est le tube).
The Knife - Like A Pen (Album "Silent Shout", Rabid Record, 2006)


Nb : Ne vous habituez pas trop à ce ton un tantinet journalistique, ceci n'était qu'une présentation de morceaux qui sont pour ma part des "jeunes classiques", les présenter de cette manière me paraissait donc plus ludique. Quoique...

Naissance

"Le commencement est un moment d'une extrême délicatesse"

Encore un nouveau blog...

Mais celui-ci s'appelle Peur Bleue, cette expression de la langue française qui à première vue ne trouve pas d'explication rationnelle sur sa signification. Ce blog sera donc le fruit de sentiments divers, tantôt spontanés, tantôt réfléchis. Ni plus, ni moins.

Sans plus d'envolées lyriques, je vous souhaite la bienvenue.

Gohan